Pesticides interdits dans le riz, le thé et les épices : pourquoi la traçabilité devient essentielle
Une enquête qui interroge nos assiettes et nos tasses
Une enquête de Foodwatch, relayée par Le Monde dans un article publié le 19 mai 2026, remet en lumière une réalité préoccupante : certains produits de grande consommation importés en Europe peuvent contenir des résidus de pesticides interdits dans l’Union européenne. Les produits analysés ne sont pas marginaux. Il s’agit du riz, du thé et des épices, trois familles présentes dans de nombreux foyers, dans nos cuisines comme dans nos tasses.
Selon les données rapportées, Foodwatch a fait analyser 64 produits achetés dans quatre pays européens : la France, l’Allemagne, l’Autriche et les Pays Bas. Sur ces 64 produits, 49 présentaient des résidus de pesticides. Plus préoccupant encore, 45 échantillons contenaient des substances interdites en Europe, soit environ 70 % des produits testés.
En France, les résultats sont encore plus marquants. Sur 15 produits analysés, 12 contenaient des traces de pesticides interdits, soit 80 % de l’échantillon français. Les thés et les épices apparaissent particulièrement concernés : 5 thés sur 5 et 4 épices sur 5 présentaient des résidus de substances interdites.
Ces chiffres ne doivent pas conduire à une peur généralisée. Ils doivent plutôt rappeler une évidence : lorsqu’un produit vient de loin, lorsqu’il traverse plusieurs étapes de culture, de transformation, de transport et de distribution, la traçabilité n’est plus un argument secondaire. Elle devient une condition de confiance.
L’effet boomerang : quand l’interdit revient par l’importation
Le phénomène décrit par Foodwatch est souvent appelé l’effet boomerang. Certaines substances interdites d’usage dans l’Union européenne, en raison de leur dangerosité pour la santé ou pour l’environnement, peuvent continuer à être produites puis exportées vers des pays tiers. Elles peuvent ensuite revenir indirectement dans l’alimentation européenne par le biais de produits importés.
La situation pose une vraie question de cohérence. Peut on considérer qu’une substance est trop risquée pour être utilisée dans l’agriculture européenne, tout en acceptant qu’elle serve ailleurs à produire des aliments ensuite consommés en Europe ?
Foodwatch demande aujourd’hui un durcissement des règles, notamment l’abaissement à zéro des limites maximales de résidus pour les pesticides interdits sur le sol européen. L’association souligne aussi que les dépassements constatés ne concernent pas seulement la présence de traces, mais parfois des niveaux supérieurs aux seuils réglementaires autorisés.
Des dépassements mesurés, pas seulement des traces
L’enquête distingue deux situations. D’un côté, des produits contenant des résidus de pesticides interdits, mais à des niveaux inférieurs aux limites maximales de résidus. De l’autre, des produits dont les concentrations dépassent ces limites.
Sur l’ensemble des quatre pays étudiés, 14 produits dépassaient les limites maximales autorisées. En France, 2 produits étaient concernés : le paprika doux moulu Ducros, lot 601912350, et le riz thaï Taureau Ailé, lot 0506251BN B. Selon l’article du Monde, Foodwatch demande leur rappel immédiat.
Le cas du paprika doux moulu Ducros est particulièrement parlant. L’échantillon cité concentrait 18 résidus de pesticides, dont 6 substances interdites dans l’Union européenne. Deux insecticides interdits dépassaient les limites maximales de résidus. Le chlorfénapyr a été détecté à 0,096 mg par kilo, alors que la limite autorisée est de 0,01 mg par kilo. Cela représente plus de 9 fois le seuil toléré. Le flonicamide a été mesuré à 1,89 mg par kilo, contre une limite de 0,3 mg par kilo, soit plus de 6 fois la limite maximale.
Le riz thaï Taureau Ailé cité dans l’enquête présentait quant à lui de l’anthraquinone, une substance utilisée comme répulsif contre les oiseaux, à 0,027 mg par kilo, alors que le seuil toléré est de 0,01 mg par kilo. Cela représente près de 3 fois la limite autorisée.
Ces mesures sont importantes, car elles montrent que le débat ne porte pas uniquement sur des présences infimes ou théoriques. Dans certains cas, les niveaux observés dépassent clairement les seuils prévus par la réglementation.
Les marques citées dans l’enquête
L’article du Monde cite également d’autres produits dans lesquels des résidus de pesticides interdits ont été détectés, même lorsque les niveaux restaient sous les limites maximales de résidus. Sont notamment mentionnés le paprika doux Bouton d’Or, marque distributeur d’Intermarché, le thé vert nature Twinings, le thé vert menthe Carrefour Sensation, le thé vert de Chine Leader Price, le thé vert Monoprix, le riz basmati long Carrefour Extra, le cumin entier Albert Ménès, le thé vert à la menthe Lipton, le cumin moulu Ducros et le riz basmati Leader Price.
Cette liste doit être lue avec rigueur. Elle ne signifie pas que toutes les marques citées dépassent les seuils autorisés, ni que tous leurs produits seraient concernés. Elle signifie que, dans les échantillons testés par Foodwatch et rapportés par Le Monde, des résidus de pesticides interdits ont été détectés.
C’est précisément cette nuance qui est importante. Le sujet n’est pas de créer une opposition entre marques, ni d’alimenter une inquiétude générale. Le sujet est de rappeler que des produits très courants, vendus dans des circuits de distribution classiques, peuvent être concernés par des résidus de substances interdites. Cela rend la question de la traçabilité encore plus centrale.
Épices, thés, riz : des familles particulièrement exposées
L’enquête met aussi en évidence des différences importantes selon les familles de produits. Au niveau européen, les résultats sont particulièrement élevés pour certaines épices.
Les poudres de paprika, de cumin et de piment testées présentaient toutes au moins un pesticide interdit. Autrement dit, selon les échantillons analysés, le taux atteint 100 % pour ces trois catégories : 12 échantillons de paprika, 6 échantillons de cumin et 3 échantillons de piment.
Le thé vert est lui aussi très concerné : 93 % des thés verts testés, soit 13 échantillons sur 14, contenaient au moins un pesticide interdit. Le riz apparaît moins touché, mais reste concerné, avec 47 % des échantillons présentant au moins une substance interdite, soit presque un produit sur deux.
Au total, Foodwatch indique que 54 pesticides différents ont été détectés dans les produits analysés. Environ la moitié de ces substances ne sont pas autorisées par la réglementation européenne. Parmi les molécules fréquemment retrouvées figurent notamment le chlorfénapyr, la bifenthrine, le spirotétramate, l’isoprothiolane, ainsi que des insecticides néonicotinoïdes connus pour leurs effets néfastes sur les pollinisateurs.
Ces chiffres rappellent que les épices et les thés ne sont pas de simples produits d’agrément. Ce sont des produits agricoles à part entière. Ils méritent donc la même vigilance que les fruits, les légumes, les céréales ou tout autre produit issu de la terre.
Les épices : des produits précieux, mais sensibles
Chez Place des Épices, nous savons qu’une épice ne se résume jamais à une poudre dans un pot. Une épice, c’est une origine, une culture, une récolte, un séchage, un tri, une transformation, un transport et un stockage. À chaque étape, la qualité peut être préservée ou fragilisée.
Le paprika, le cumin, le poivre, le curcuma, la cannelle, les piments ou les mélanges d’épices racontent des territoires, des traditions et des savoir faire. Mais leur richesse implique aussi une exigence particulière. Parce qu’elles voyagent beaucoup, parce qu’elles sont parfois transformées ou broyées avant d’arriver jusqu’au consommateur, les épices demandent une attention constante.
Cette actualité rappelle une chose simple : le naturel ne suffit pas. Une épice peut être végétale, parfumée, colorée, traditionnelle, et malgré tout nécessiter des garanties solides. La qualité ne peut pas seulement se voir ou se sentir. Elle doit pouvoir se vérifier.
C’est pourquoi nous défendons une approche fondée sur la sélection, la traçabilité et la transparence. Choisir une épice, ce n’est pas seulement choisir une couleur ou une intensité aromatique. C’est aussi choisir une filière, un fournisseur, une méthode de contrôle et une responsabilité.
Le thé : une exigence jusque dans la tasse
Avec Place des Thés, la réflexion est la même. Le thé est un produit végétal, souvent importé, cultivé dans des régions du monde où les pratiques agricoles, les conditions climatiques et les normes locales peuvent varier fortement.
Derrière une tasse de thé, il y a une plantation, une cueillette, un flétrissage, un roulage, une oxydation, un séchage, un tri et un conditionnement. Qu’il s’agisse d’un thé vert, d’un thé noir, d’un Darjeeling, d’un Assam, d’un Ceylan, d’un Yunnan, d’un Earl Grey ou d’un Sencha, chaque feuille porte l’histoire de sa culture et de sa transformation.
L’enquête citée montre que le thé vert est particulièrement concerné, avec 93 % des échantillons testés contenant au moins un pesticide interdit. Ce chiffre doit être pris au sérieux. Le thé est infusé dans l’eau chaude. Sa qualité ne se limite donc pas au parfum des feuilles sèches ou à la couleur de la liqueur. Elle repose aussi sur la confiance que l’on peut accorder à son origine et à sa sélection.
Chez Place des Thés, nous voulons défendre cette idée : un bon thé doit être agréable, équilibré, parfumé, mais il doit aussi être choisi avec rigueur. Le plaisir de l’infusion ne doit jamais être séparé de l’exigence de qualité.
Collège Culinaire de France et Ecocert : des repères de confiance
Depuis juillet 2019, nous sommes fiers de faire partie du Collège Culinaire de France en tant qu’Artisan de qualité. Cette reconnaissance témoigne de notre passion quotidienne, de notre engagement et de notre volonté de défendre des produits choisis avec exigence.
Nous remercions chaleureusement toutes les personnes qui nous soutiennent, et notamment Thomas, Gaël et Mickaël, pour leur accompagnement et pour ce gage précieux de sécurité, de traçabilité et de sérieux dans notre démarche.
Nos épices sont également certifiées Ecocert. Cette certification s’inscrit dans notre volonté de proposer des produits mieux encadrés, mieux contrôlés et conformes à des exigences reconnues. Une certification ne remplace pas la vigilance quotidienne, mais elle apporte un cadre, une méthode et un contrôle indépendant.
Pour Place des Épices et Place des Thés, ces repères sont importants. Ils ne sont pas là pour rassurer artificiellement. Ils traduisent une démarche : choisir plus sérieusement, expliquer plus clairement et assumer davantage notre responsabilité de commerçant spécialisé.
Informer sans inquiéter, choisir sans céder au hasard
L’objectif n’est pas de dire que tous les produits importés seraient dangereux. Ce serait faux et inutilement alarmiste. L’objectif est de rappeler que toutes les filières ne se valent pas, que tous les fournisseurs ne travaillent pas avec le même niveau d’exigence et que toutes les promesses de qualité ne reposent pas sur les mêmes preuves.
Cette enquête doit donc être lue comme un signal. Elle invite les consommateurs à poser davantage de questions. Elle invite les professionnels à renforcer leur vigilance. Elle invite aussi les pouvoirs publics à mieux traiter la contradiction entre pesticides interdits en Europe et résidus tolérés dans certains produits importés.
Chez Place des Épices et Place des Thés, nous croyons que le goût et la confiance doivent avancer ensemble. Une épice ou un thé doit faire voyager, mais ce voyage ne doit pas se faire au détriment de la transparence. Un bon produit doit avoir du caractère, mais aussi une origine lisible. Il doit donner du plaisir, mais aussi de la sérénité.
Une chaîne de confiance à protéger
Cette actualité nous rappelle que la qualité n’est pas une formule. C’est un engagement quotidien. C’est une sélection, une traçabilité, une certification, une vigilance et une parole claire envers les consommateurs.
Parce qu’au fond, une épice ou un thé n’est jamais seulement un ingrédient ou une boisson. C’est une chaîne de confiance. Une main cultive, une autre récolte, une autre transforme, une autre sélectionne, une autre transmet. Lorsque cette chaîne est sérieuse, lisible et contrôlée, elle permet de retrouver ce qui devrait toujours être au cœur de l’alimentation : le plaisir, la sécurité et le goût juste.
Chez Place des Épices et Place des Thés, notre engagement est simple : continuer à défendre des produits de qualité, choisis avec soin, portés par la passion, soutenus par des démarches de certification et proposés avec le souci constant de la confiance.
Cette enquête ne doit pas nous éloigner des épices ou du thé. Elle doit au contraire nous inviter à mieux les choisir. À privilégier les professionnels qui savent expliquer leurs produits. À refuser les promesses vagues. À comprendre qu’un bon produit ne repose pas seulement sur son goût, mais aussi sur tout ce qui le rend fiable.
Une épice ou un thé doit faire voyager. Mais ce voyage doit rester clair, responsable et digne de confiance.

